Des articles

Belles filles et riches tournois: plaisirs de l'Orient dans les correspondances entre sultans ottomans et princes chrétiens aux XIVe et XVe siècles

Belles filles et riches tournois: plaisirs de l'Orient dans les correspondances entre sultans ottomans et princes chrétiens aux XIVe et XVe siècles


We are searching data for your request:

Forums and discussions:
Manuals and reference books:
Data from registers:
Wait the end of the search in all databases.
Upon completion, a link will appear to access the found materials.

Belles filles et riches tournois: plaisirs de l'Orient dans les correspondances entre sultans ottomans et princes chrétiens aux XIVe et XVe siècles

Par Karoline Döring

Papier remis à la Congrès médiéval international, Université de Leeds (2013), session 112: «Lettres médiévales et collections de lettres (1000–1500): une lecture agréable?!»

Introduction: Lorsque je travaillais sur des imprimés anti-turcs du XVe siècle, je suis tombé sur une petite lettre très curieuse écrite par un certain Morbisanus au pape Pie II. Il fut imprimé sur trois quarts de pages à la fin d’une édition de la fin du XVe siècle de l’Épistole ad Mahumetem du pape, sa tentative célèbre mais très controversée en 1461 de convertir le sultan ottoman au christianisme. Puisque le conquérant de Constantinople s'appelait Mehmed, le deuxième de son nom, je me demandais si Morbisanus pouvait être simplement une forme corrompue. Quoi qu’il en soit, j’étais intéressé par ce que ce Morbisanus pourrait avoir à dire sur l’offre du pape. En lisant la lettre, je me suis vite rendu compte que ce n'était pas beaucoup. Au lieu de répondre aux idées élaborées de la lettre de Pie, le sultan conseilla sèchement au pape de s’abstenir de propager une croisade contre l’Empire ottoman. Il a fait valoir la légitimité de son but: Lui, le successeur de Priamus, Anténor, Enée, s'est vengé de l'ancienne Troie et a légitimement reconquis les terres grecques qui lui ont toujours appartenu légalement. En outre, il opte pour une coexistence pacifique, précisant que les Turcs n'avaient joué aucun rôle dans le meurtre du Christ. Au contraire, ils le considéreraient vraiment comme un grand prophète. Si Pie n'abandonnait pas ses plans de croisade, le sultan le menaçait d'alliances puissantes, d'invasion immédiate et de destruction totale.

Serait-ce vraiment la réponse du sultan à l’offre de conversion du pape? Inutile de dire que cela ne pouvait pas. La lettre de Morbisanus appartient à un groupe de lettres connu sous le nom de «Sultansbriefe». Ces très courtes lettres d'à peine plus d'une ou deux pages prétendaient seulement avoir été écrites par un sultan égyptien ou ottoman à un prince chrétien et étaient très populaires du XIVe au XVIe siècle. Giles Constable a dit dans sa typologie des lettres et des collections de lettres réelles à part des lettres fictives, en disant que «le terme 'fictif' sera utilisé pour des lettres, comme des modèles de lettres et des traités sous forme épistolaire, qui n'étaient pas destinés à être envoyés mais qui étaient considérées comme des lettres par les contemporains. Hans Martin Schaller a fait valoir dans son étude de l'humour dans les lettres médiévales que «parmi les nombreuses contrefaçons médiévales, les lettres forgées ou plutôt fictives appartiennent aux plus inoffensives. En général, ils ne poursuivaient pas d’objectifs inappropriés, mais servaient d’édification religieuse et morale, étaient utilisés à des fins politiques, comme la propagande de l’église, ou servaient simplement de divertissement. » En ce sens, les Sultansbriefe étaient une fiction épistolaire populaire. Cependant, en ce qui concerne l'expansion rapide de l'Empire ottoman, ils ont touché à de graves réalités historiques. Cet article passe en revue le Sultansbriefe à la lumière de la propagande anti-turque et du divertissement littéraire. Je donne d'abord un aperçu des sources existantes et je présente différentes versions et sujets principaux du Sultansbriefe. Ensuite, je regarde l'histoire de la transmission de ces textes. Je veux faire part de quelques réflexions sur les collections manuscrites dans lesquelles elles ont été transmises et mettre en contraste celles-ci avec les contextes dans lesquels les copies imprimées ont été encerclées. Dans une dernière étape, je positionne les Sultansbriefe dans le discours anti-turc du XVe siècle, en considérant notamment le rôle de l'imprimerie.


Voir la vidéo: Turquie: le retour de lempire Ottoman? JT du lundi 30 avril 2018 (Juillet 2022).


Commentaires:



Écrire un message